
Fleurs du mois d'août : le jardin à son sommet
Ce qui fleurit vraiment, ce qu'on peut encore planter, et la vraie histoire de la fleur de naissance d'août.
Fleurs du mois d'août : le jardin à son sommet
Ce qui fleurit vraiment, ce qu'on peut encore planter, et la vraie histoire de la fleur de naissance d'août.
Août est le mois où le jardin cesse de promettre. Il donne. Les massifs plantés en avril arrivent à maturité, les bulbes d'été atteignent leur pleine hauteur. Certaines annuelles semées au printemps entament une floraison qui tiendra jusqu'aux premières gelées.
Trois facteurs se conjuguent. Le sol a emmagasiné la chaleur depuis juin et ne redescend plus la nuit, ce qui accélère la montée des tiges florales. L'ensoleillement reste très élevé, autour de 240 heures dans le nord du pays et bien au-delà de 300 sur le pourtour méditerranéen. Enfin, la plupart des vivaces d'été ont terminé leur croissance végétative et basculent toute leur énergie vers la floraison.
Résultat, aucun autre mois n'offre une telle diversité simultanée. Voici ce qui fleurit vraiment, ce qu'on peut encore planter. Et pourquoi la fleur de naissance d'août n'a pas l'origine que les guides lui prêtent.

Les dix fleurs qui font le mois d'août
- Dahlia : plein soleil, 40 cm à 1,50 m, floraison de juillet à octobre
- Glaïeul : plein soleil, 60 cm à 1,20 m, floraison de juillet à septembre
- Cosmos : plein soleil, 60 cm à 1,20 m, floraison de juin à octobre
- Rudbeckia : soleil ou mi-ombre, 50 cm à 1 m, floraison de juillet à octobre
- Canna : plein soleil, 80 cm à 2 m, floraison de juillet à octobre
- Célosie : plein soleil, 20 à 70 cm, floraison de juillet à septembre
- Lisianthus : soleil ou mi-ombre, 30 à 90 cm, floraison de juillet à septembre
- Lys : soleil, pied à l'ombre, 60 cm à 1,50 m, floraison de juin à août
- Zinnia : plein soleil, 30 cm à 1 m, floraison de juin à octobre
- Lavande : plein soleil, 30 à 80 cm, floraison de juin à août
Le dahlia, star incontestée de la fin d'été
Trois grandes familles se partagent le genre et elles ne produisent pas du tout le même effet. Les dahlias pompons forment des sphères parfaites de cinq à huit centimètres, très graphiques en massif serré. Les décoratifs offrent de larges fleurs pleines aux pétales arrondis, ce sont les plus spectaculaires en bouquet. Les cactus, enfin, portent des pétales roulés en pointe qui donnent un aspect hérissé, presque exotique.
Un même massif peut accueillir les trois sans dissonance, à condition de respecter les hauteurs. Les variétés naines devant, les géantes derrière, avec un tuteur posé dès la plantation plutôt qu'en catastrophe après un orage.
Le dahlia demande de l'eau, beaucoup. C'est sa seule vraie exigence. Un arrosage copieux deux à trois fois par semaine au pied vaut mieux qu'un filet quotidien en surface.
Le glaïeul, verticale du massif d'août :
Sa hampe dressée règle un problème que beaucoup de jardins d'été connaissent, l'absence de relief. Quand tout s'étale à hauteur de genou, une ligne de glaïeuls redonne de la structure.
La gamme de coloris est l'une des plus larges du monde végétal, du blanc pur au pourpre presque noir, en passant par des bicolores et des gorges contrastées. Les fleurs s'ouvrent du bas vers le haut, ce qui étale la floraison sur deux bonnes semaines.
Un conseil qui change tout. Plantez les bulbes par vagues, à quinze jours d'écart entre mars et juin, plutôt que tous le même week-end. Vous obtenez ainsi des glaïeuls de juillet à septembre au lieu d'un feu d'artifice de quinze jours suivi d'un massif vide.
Cosmos, rudbeckias et zinnias, le trio des débutants :
Si vous n'avez jamais rien réussi à faire pousser, commencez par ceux-là. Ce sont des annuelles semées directement en place, sans repiquage, sans caprice.
Le cosmos pousse en sol pauvre et fleurit d'autant mieux qu'on ne l'engraisse pas. Un sol trop riche lui fait produire du feuillage au détriment des fleurs. Le rudbeckia supporte la mi-ombre, ce qui en fait l'un des rares soleils d'été utilisables sous un arbre. Le zinnia, lui, encaisse la canicule sans broncher et se décline dans une palette de couleurs saturées difficile à égaler.
Les trois partagent une qualité qu'aucun catalogue ne met assez en avant. Ils sont couverts d'insectes du matin au soir. Un massif de cosmos et de rudbeckias en août bourdonne littéralement.
La fleur de naissance d'août et ce que les guides oublient de dire
Les personnes nées en août ont deux fleurs, le glaïeul en principal et le coquelicot en alternative.
Le glaïeul tire son nom du latin gladius, l'épée, en référence à ses feuilles longues et effilées. Grecs et Romains y voyaient un symbole de courage. La tradition florale du XIXe siècle lui a ajouté la force de caractère, l'intégrité et la sincérité du sentiment. Offrir un glaïeul, dans le langage des fleurs victorien, revenait à déclarer que l'on avait le cœur transpercé.
Le coquelicot, Papaver rhoeas, porte une symbolique plus douce et plus ambivalente. Repos, consolation, souvenir. En Europe, sa lecture mémorielle s'est cristallisée après la Première Guerre mondiale, quand il est devenu l'emblème du souvenir dans le monde anglo-saxon. Ses cousins ornementaux, le pavot d'Orient aux fleurs immenses et l'œillette, se comportent différemment au jardin mais partagent la même fragilité de pétale, froissé comme du papier de soie.
Voilà maintenant le point que presque personne ne mentionne. Ce calendrier n'est ni antique ni médiéval. La grille qui attribue une fleur à chaque mois a été fixée par la Society of American Florists lors de sa convention de Toledo, dans l'Ohio, en 1909. L'objectif était commercial, il s'agissait de donner aux fleuristes un argumentaire stable pour vendre des bouquets thématiques.
C'est précisément lors de cet arbitrage que le glaïeul l'a emporté sur le coquelicot pour le mois d'août. Les listes britanniques du XIXe siècle hésitaient encore entre les deux, ce qui explique pourquoi on trouve aujourd'hui les deux versions selon les sources.
Le socle symbolique, lui, est bien plus ancien. Il vient de la floriographie européenne, popularisée en France par Charlotte de Latour en 1819 puis en Angleterre par Kate Greenaway en 1884. Autrement dit, le sens des fleurs est victorien, le découpage par mois est américain et récent. Quand un site vous annonce une tradition remontant à l'Antiquité, il brode.
Détail amusant pour qui cherche un cadeau. Le calendrier jumeau des pierres de naissance, codifié en 1912 par les bijoutiers américains, attribue le péridot au mois d'août. Vert tendre contre glaïeul écarlate, l'accord fonctionne étonnamment bien.
Quand exactement ? Le calendrier des trois décades :
Août n'est pas un bloc uniforme. La différence entre le 3 et le 28 est considérable au jardin.
Du 1er au 10, les lys terminent, les lavandes commencent à sécher sur pied. Les glaïeuls plantés en avril sont à leur apogée. C'est la période la plus dense de l'année en nombre d'espèces simultanément fleuries.
Du 11 au 20, le relais se joue. Les célosies et les cannas prennent le devant de la scène, les dahlias entrent dans leur meilleure phase. Les lys sont finis presque partout.
Du 21 au 31, la lumière change et les couleurs chaudes dominent. Rudbeckias, dahlias et zinnias tiennent le massif, rejoints par les premiers asters précoces. Les glaïeuls de dernière vague donnent leurs hampes.
Ce découpage vaut pour un jardin de la moitié nord. En Provence et dans le Sud-Ouest, décalez d'une à deux semaines vers l'avant, la sécheresse d'août abrégeant souvent les floraisons. Dans le Nord et en altitude, décalez d'autant vers l'arrière.
Que planter ou semer en août ?
Contrairement à une idée reçue, août n'est pas un mois creux pour la plantation. C'est même la fenêtre idéale pour trois familles d'opérations.
Les bulbes d'automne d'abord. Colchiques et crocus d'automne se plantent maintenant pour fleurir en septembre et octobre, six semaines plus tard à peine. Les narcisses peuvent être mis en terre dès la fin du mois pour une floraison de mars. Comptez trois fois la hauteur du bulbe en profondeur.
Les semis de bisannuelles ensuite. Pensées, myosotis, giroflées et pâquerettes semés en août fleuriront au printemps prochain. C'est le calendrier que suivent les professionnels et il explique pourquoi les jardineries proposent des godets bien fournis en octobre.
Le bouturage enfin. C'est le meilleur moment de l'année. Lavande, géraniums, fuchsias, romarin et sauges arbustives se bouturent en tiges semi-aoûtées, c'est-à-dire des pousses de l'année déjà durcies à la base mais encore souples au sommet. Le taux de reprise est élevé et l'opération ne coûte rien.
Sur balcon, misez sur pétunias, impatiens et bégonias, tous disponibles en godets fleuris à cette période. Un substrat drainant est indispensable, un terreau seul se compacte et retient l'eau au niveau des racines. Prévoyez un arrosage quotidien en canicule, deux fois par jour pour les suspensions exposées plein sud.
Traverser la chaleur sans perdre ses fleurs :
Trois erreurs coûtent plus de fleurs que toutes les maladies réunies en août.
Arroser en pleine journée est la première. L'évaporation annule l'essentiel de l'apport et les gouttelettes posées sur le feuillage agissent comme des loupes. Arrosez le matin tôt, au pied, généreusement et espacé plutôt que peu et souvent. Un arrosage profond force les racines à descendre, un arrosage superficiel les maintient en surface où elles grillent.
Négliger le paillage est la deuxième. Cinq à sept centimètres de tontes séchées, de paillette de lin ou de broyat divisent les besoins en eau et maintiennent le sol plusieurs degrés plus frais. C'est l'investissement le plus rentable du jardin d'été.
Oublier de défleurir est la troisième. C'est aussi la plus fréquente. Une fleur fanée qui reste sur pied envoie à la plante un signal de fin de cycle, elle fabrique des graines et arrête de fleurir. Coupez les capitules fanés des dahlias, cosmos, rudbeckias et zinnias deux fois par semaine, vous prolongerez la floraison de plusieurs semaines.
Restent les indésirables. Pucerons sur les jeunes pousses, araignées rouges sur le revers des feuilles par temps sec. Un jet d'eau régulier sur le feuillage suffit contre les secondes. Pour les premiers, laissez faire les coccinelles avant de sortir quoi que ce soit d'un flacon. En pleine période de butinage, tout traitement insecticide touche aussi les pollinisateurs.
Composer un bouquet avec ce que donne le jardin
Le bouquet d'août se compose en cinq minutes et tient huit à dix jours. Encore faut-il respecter deux ou trois principes que les fleuristes appliquent sans y penser.
Coupez tôt le matin, quand les tiges sont gorgées d'eau. Plongez-les immédiatement dans un seau. Recoupez ensuite en biais sous l'eau, ce qui empêche une bulle d'air de bloquer la remontée de sève. Retirez toute feuille qui trempe, elle pourrit en deux jours et trouble l'eau.
Pour la composition, la règle des nombres impairs fonctionne parce que l'œil ne parvient pas à les regrouper par paires et lit l'ensemble comme un volume. Trois, cinq ou sept tiges de la fleur dominante, jamais quatre ni six.
Un bouquet champêtre d'août réussit presque toujours avec la même trame. Trois dahlias décoratifs pour la masse, cinq tiges de lisianthus pour la finesse, une poignée de cosmos pour le mouvement, quelques épis de graminées pour la légèreté. Variez les hauteurs de dix centimètres entre les étages, un bouquet parfaitement égalisé paraît toujours plat.
Les glaïeuls demandent un traitement à part. Trop hauts pour la plupart des vases, ils s'utilisent seuls, sept à neuf hampes dans un contenant lourd posé au sol. Pincez le bouton terminal, les fleurs du bas s'ouvriront mieux.
Un mois décisif pour les pollinisateurs :
Août concentre une part importante de l'activité de butinage de l'année, à un moment où les floraisons sauvages se raréfient dans les campagnes. Un jardin fleuri devient alors une ressource, pas seulement un décor.
Les meilleures mellifères du mois sont la lavande, de loin la plus fréquentée, le cosmos dont le cœur plat offre une plateforme d'atterrissage idéale, le rudbeckia, la célosie et les sedums qui démarrent en fin de mois. Les dahlias à cœur ouvert, dits simples ou collerette, sont utiles aux insectes, contrairement aux variétés doubles dont les étamines ont été transformées en pétales par la sélection.
Deux gestes suffisent à faire la différence. Planter en massif plutôt qu'en pieds isolés, une abeille se déplaçant beaucoup moins qu'on ne l'imagine et privilégiant les taches de couleur denses. Et renoncer à tout traitement pendant la floraison, y compris aux produits autorisés en agriculture biologique, qui ne sont pas neutres pour autant.
Questions fréquentes :
Quelle est la fleur de naissance du mois d'août :
Le glaïeul en fleur principale et le coquelicot en alternative. Le glaïeul symbolise la force de caractère et la sincérité, le coquelicot le repos et la consolation. La grille mensuelle a été fixée par les fleuristes américains en 1909, sur un socle symbolique victorien plus ancien.
Quelles fleurs résistent le mieux à la chaleur :
Zinnia, célosie, cosmos et lavande supportent le plein soleil avec peu d'eau une fois installés. Le dahlia est le plus gourmand du lot et souffre vite en cas de restriction.
Peut-on encore planter des fleurs en août :
Oui. C'est même une bonne fenêtre. Bulbes d'automne, semis de bisannuelles et bouturage de lavande ou de géraniums. Arrosez abondamment les deux premières semaines après la mise en terre.
Combien de temps tient un bouquet d'août en vase :
Sept à dix jours en moyenne. Recoupez les tiges en biais, changez l'eau tous les deux jours et éloignez le vase des courants d'air et de la corbeille à fruits, l'éthylène qu'ils dégagent accélère le flétrissement.
Quelles fleurs attirent le plus les abeilles en août :
Lavande, cosmos, rudbeckia et sedum. Préférez les dahlias à cœur ouvert aux variétés doubles, dont les étamines ont disparu au profit des pétales.
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